samedi, novembre 30, 2013

Sur "Les pas" de Paul Valéry

Sur Les Pas de Paul Valéry
Dans un morceau de musique, il y a toujours les quelques notes qui vont nous transporter, nous voilà tout chamboulé ; toutes les notes écrites avant et toutes celles qui viendront après sont là juste pour ce moment. Dans un recueil de poésie c'est un peu pareil, c'est comme si toutes les poésies d'avant nous préparent à en lire une intensément et toutes celles d'après confirment le plaisir déjà pris . Notes ou mots ont trouvé leur juste place ; l'ordonnancement parfait c'est celui qui nous fait vibrer, ce n'est sûrement pas le même pour tout le monde, et pour ça, il faut le partager.
En lisant Charmes de Paul Valéry je découvre avec joie  Les pas :

Les pas
de Paul Valéry

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance,
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux tes pas retenus !
Dieux !...tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
A l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n'était que vos pas.

Je ne sais pas qui vous étiez, mais vous avez été bien inspirée de retenir vos pas
Le poète inspiré a ainsi pu nous offrir un très joli moment.

vendredi, novembre 29, 2013

Petite anecdote

Un matin de cette semaine, le soleil dévoile un ciel grandiose juste un bandeau de ciel rosé et orangé au dessus de la mer, morceau de ciel dévoilé mais menacé par des nuages lourds et noirs porteurs des pluies froides de l'automne. Pour le temps de la journée je me dis que l'arbitre sera le vent, s'il se lève et selon la direction qu'il prend. C'est donc l'âme joyeuse que je pars au travail, et ce n'est pas tous les jours le cas quand on est secrétaire dans un garage, espérant quelques embouteillages pour pouvoir à loisir regarder ce ciel.
En arrivant la première chose que je demande est, -quelqu'un a-t-il vu le ciel ce matin ?-, et j'entends répondre d'un air agacé et blasé - si tu crois que j'ai que ça à faire - alors décontenancée, sans répartie et un peu lasse je m'installe devant mon écran d'ordinateur, me demandant ce que Diogène aurait répondu et pensant au triste sort des hommes qui ne savent plus voir le monde qu'ils habitent.

samedi, novembre 23, 2013

Amitié


Si l'amour supporte l'infidélité,
l'amitié, toujours, suppose la fidélité,
mais l'amitié s'accommode aussi de l'amour,
la volupté peut en dessiner les contours.

De deux, nous ne formons pas un,
mais réunis à la croisée de nos chemins
en un point, au moment opportun,
nous nous partageons pour un instant commun.

Ainsi, l'amitié offerte sert d'architecture
à nos vies, à nos âmes pour mieux se façonner.
Ainsi, l'amitié reçue est une éclaboussure
de la joie provoquée par ce qui est donné.

L'amitié donnée en rien n'entrave la liberté,
mais lui offre l'espace pour s'exprimer,
l'amitié vraie, pour chacun, doit être
l'occasion d'une possibilité d'être.

vendredi, novembre 22, 2013

Fleur


Au jardin, avant l'hiver qui arrive à grand pas

On dirait presque un soleil !


dimanche, novembre 17, 2013

Méditerranée

Tu as porté tant d'hommes
d'un rivage à un autre,
dans nos veines,
de tous, coulent le sang.

A la fois berceau de nos vies
et cimetière parfois choisi,
comme un trait d'union
tu nous sers de jonction.

De tes flots que j'admire
je voudrais voir surgir
la Sagesse incarnée
prête à nous inonder.

Alors sur le sable, je m'assieds,
la tête sur mes genoux repliés,
et j'écoute ton chant
bruissant et captivant.

Tu chantes ton histoire
tu chantes les histoires
des cendres dispersées
de ceux qui t'ont aimé.

jeudi, novembre 14, 2013

Fragile démocratie

Humeur du jour
Ces temps troublés, où la parole homophobe et raciste se libère, montrent la fragilité de la démocratie.
Deux raisons peuvent expliquer cette désinhibition de la parole, une perte de confiance en l’État en même temps qu'une perte de légitimité de ses représentants et la crise qui se traduit par l'effondrement du système libéral et qui met en relief les injustices criantes qu'il a créé.
Se pose une question : cette parole libérée était donc contenue, retenue ? Par quoi ? La confiance en nos politiques ? Nos assiettes bien remplies ? Est-ce que la démocratie ne tient qu'à ça ?
Alors je me remémore l'Ethique à Nicomaque d'Aristote. Déjà, il nous disait :
 "...dans les tyrannies, l'amitié et la justice ne jouent qu'un faible rôle, dans les démocraties au contraire leur importance est extrême : car il y a beaucoup de choses communes là où les citoyens sont égaux."
Le libéralisme met en danger la démocratie, n'ayant jamais tenu compte ni de l'amitié, ni de la justice et encore moins de l'égalité et au lieu de consolider ce régime politique bien fragile participe à son affaiblissement.

lundi, novembre 11, 2013

Lettre à ma mère

à ma mère

Ton présent n'est plus le mien
ton temps n'est plus le mien.
Encore tant de choses à se dire
tant de choses jamais dites.
Entre toi et les autres
entre toi et les choses
une douce distance s'installe.
Et j'aimerai n'y voir
que la sagesse d'une vieillesse amie.
Tu donnes encore le change,
mais ta mémoire s'effiloche
je sais que tu t'accroches
même si parfois l'envie
de n'y rien  faire te tente.
Mille et une astuces j'invente
pour que tu puisses,
longtemps encore,
fixer nos instants présents.
Je sais je te bouscule
et pardonne-moi 
si parfois je m'énerve mais
quand je t'observe, je mesure
mon impuissance...

dimanche, novembre 10, 2013

Petites bizarreries de la vie

Voir, quand le jour s'est fait nuit
que nous nous croyons réduit
à n'être que le fruit
d'un dessein fortuit.

Entendre, quand s'installe le silence
mâcher, remâcher,
sasser, ressasser
des pensées lues et entendues
pour qu'enfin elles deviennent semences.

Vivre de grand moment de solitude
entouré de mille personnes
et quelquefois seul, loin des hommes
connaître la quiétude, la complétude.

Comprendre que l'espoir
est la nourriture du désespoir,
Qu'il est bon de savoir
qu'il nous faut agir
Pour ne pas fléchir.

Savoir que seul le présent
est tout à la fois, passé et futur,
il est en même temps la suture
d'un passé certain,
d'un futur incertain.

dimanche, novembre 03, 2013

Ecrire n'est pas vain

Malade d'être humain
dans ce monde inhumain
Recours à l'écriture
comme une armature
Prothèse invisible
sur un corps visible

Ecriture inaudible
d'une révolte indicible
Ecriture ostensible
d'un monde inadmissible

Ecriture clairvoyante
d'une société annihilante
Ecriture vivifiante
d'une nature consolante

Vers une vie moins mutilée
Paver de mots le chemin de la liberté
Pour un face à face avec soi
et à la fois partage de soi
Ecrire n'est pas vain
Même sans être écrivain

samedi, novembre 02, 2013

Fleurs

Floraison d'automne
dernières roses avant celles d'hiver, premier camélia et une fleur dont j'ai oublié le nom








vendredi, novembre 01, 2013

Repas

à ma fille,

Le repas,
moment d'expression intense
tout s'y lit, tout se dit
même avec les silences.

Manger vite ou lentement,
s'attarder, se lever rapidement,
manger avec envie ou sans,
se délecter ou bien rechigner,
au repas tout à un sens.

Les vivants ont leur place,
on parle du cousin, de l'ami, du voisin,
souvent les langues se délient,
on crie, on pleure, on rit
au repas c'est la vie qui s'exprime.

S'invitent aussi les souvenirs,
un goût, une odeur, une couleur
viennent raviver une mémoire endormie,
on se remémore les morts,
au repas, ils ont aussi leur place.

Et quand s'immiscent les amis,
ils donnent une autre saveur
à nos repas quotidiens,
alors,
le repas se savoure pendant des heures.