Le vent a cessé de souffler,
suspendu dans un ciel immobile,
un nuage au couleur d'un islam noir
annonce la venue de temps obscurs.
Qu'un vent laïque se lève,
tous s'étonne de sa faiblesse ;
Qu'un vent athée se lève,
par tous il est décrié.
Le vent a cessé de souffler
suspendu dans un ciel immobile,
un nuage noir, amarré au désespoir,
par la foi se renforce.
Nulle raison insufflée
n'aura raison de lui
car la raison l'a quitté.
lundi, février 16, 2015
dimanche, février 15, 2015
Lecture chrétienne
Intéressant écrit attribué à Alcuin (732-804), théologien, poète, savant, homme considéré comme le plus érudit de son temps et qui dirige l'école la plus importante de l'empire carolingien :
voici quelques passages d'un dialogue " le dit de l'enfant sage" écrit pour l'instruction d'un des fils (Pépin d'Italie, ou Pépin le bossu, ce n'est pas précisé) de Charlemagne
Pépin : Qu'est-ce que la vie ?
Alcuin : Une jouissance pour les heureux, une douleur pour les misérables, l'attente de la mort.
Pépin : Qu'est-ce que la mort ?
Alcuin : Un évènement inévitable, un voyage incertain, un sujet de pleurs pour les vivants, la confirmation des testaments, le larron des hommes.
Pépin : Qu'est-ce que l'homme ?
Alcuin : L'esclave de la mort, un voyageur passager, hôte dans sa demeure...
Pépin : Qu'est-ce que la liberté de l'homme ?
Alcuin : L'innocence
Pépin : Qu'est-ce que la foi ?
Alcuin : La certitude des choses ignorées et merveilleuses.
Et voilà, le tour est joué, je tiens à saluer l'habileté d'Alcuin pour son instruction chrétienne : la vie définie comme l'attente de la mort, la mort comme le larron des hommes, l'homme comme esclave de la mort, même pas maître dans sa demeure mais seulement hôte, la liberté de l'homme, candeur et naïveté, alors comment ne pas se réfugier dans la foi qui devient certitude de choses inconnues donc ignorées mais certainement merveilleuses.
Allez, encore quelques siècles, et l'homme pourra librement commencer à penser autrement, quoique, des fois, je me demande...
Des siècles d'imprégnation d'une vision chrétienne du monde, de la vie, du corps, de la mort ne s'efface pas comme ça, en cela l’athéisme ne se résume pas simplement au fait de ne pas croire mais il est une forme de résistance.
voici quelques passages d'un dialogue " le dit de l'enfant sage" écrit pour l'instruction d'un des fils (Pépin d'Italie, ou Pépin le bossu, ce n'est pas précisé) de Charlemagne
Pépin : Qu'est-ce que la vie ?
Alcuin : Une jouissance pour les heureux, une douleur pour les misérables, l'attente de la mort.
Pépin : Qu'est-ce que la mort ?
Alcuin : Un évènement inévitable, un voyage incertain, un sujet de pleurs pour les vivants, la confirmation des testaments, le larron des hommes.
Pépin : Qu'est-ce que l'homme ?
Alcuin : L'esclave de la mort, un voyageur passager, hôte dans sa demeure...
Pépin : Qu'est-ce que la liberté de l'homme ?
Alcuin : L'innocence
Pépin : Qu'est-ce que la foi ?
Alcuin : La certitude des choses ignorées et merveilleuses.
Et voilà, le tour est joué, je tiens à saluer l'habileté d'Alcuin pour son instruction chrétienne : la vie définie comme l'attente de la mort, la mort comme le larron des hommes, l'homme comme esclave de la mort, même pas maître dans sa demeure mais seulement hôte, la liberté de l'homme, candeur et naïveté, alors comment ne pas se réfugier dans la foi qui devient certitude de choses inconnues donc ignorées mais certainement merveilleuses.
Allez, encore quelques siècles, et l'homme pourra librement commencer à penser autrement, quoique, des fois, je me demande...
Des siècles d'imprégnation d'une vision chrétienne du monde, de la vie, du corps, de la mort ne s'efface pas comme ça, en cela l’athéisme ne se résume pas simplement au fait de ne pas croire mais il est une forme de résistance.
dimanche, février 08, 2015
Le langage et la pensée
En
feuilletant une encyclopédie, Histoire de L’humanité aux ed. Robert Laffont, je
lis un chapitre, « la genèse de la pensée et du langage » qui me
rappelle alors un échange que j’avais eu avec ma fille qui avait alors dix ans.
Au détour d’une conversation, ma fille m’avoua s’ennuyer à l’école. Je m’inquiétais
alors, non pour ces résultats qui étaient bons, mais je pensais qu’elle devait
trouver le temps long puisqu’elle passait la majeure partie de la journée à l’école.
Elle me dit de ne pas m’inquiéter, qu’elle ne faisait pas rien, qu’elle
pensait. Curieuse de savoir le contenu de ses pensées, je lui demandais à quoi
elle pensait. Elle me répondit : - eh bien, hier, je me posais une
question : comment les sourds et muets peuvent penser puisqu’ils ne
connaissent pas les mots ? Parce que dans ma tête, il y a plein de mots
qui se cognent, alors je sais que je pense. Je lui parlais alors du langage des
signes, des appareils auditifs, de la rééducation des sourds pour qu’ils
puissent effectivement nommer les choses et communiquer avec les autres, ainsi
élaborer une pensée.
Mais
je n’avais pas tenu compte de toute la dimension de sa question et j’éludais
totalement le lien qui existait entre le langage et la pensée, lien qu’elle
avait instinctivement compris.
Donc
des années plus tard, je vais compléter ma réponse cela peut encore intéresser
ma fille et beaucoup d’autres personnes. Je tiens à donner un petit aperçu de ce
chapitre sur la genèse de la pensée et du langage :
L’invention
du langage :
Deux
hypothèses sont retenues : pour certains le langage est apparu au
Paléolithique supérieur, il y a 40 000 ans, pour d’autres le langage
existait déjà au Paléolithique inférieur. Dans tous
les cas chacun s’accorde à dire que le langage est apparu quand l’homme a
commencé à fabriquer des outils
Le
langage n’est pas inhérent à l’homme, il est une invention. Une théorie ressort
le plus souvent : la théorie gestuelle. Cette théorie met en avant la
relation entre les gestes et les phonèmes. Trois étapes sont décrites :
- Première étape : une gesticulation globale accompagnée d’un babillement. Le babillement a pu donner des holophrases.
- Deuxième étape : le geste est de plus en plus précis et est associé à des sonorités de plus en plus précises. C’est le début de la pensée dirigée.
- Troisième étape : abandon des gestes au profit de signes systématisés et de mots. La pensée analytique est possible.
L’anatomie
du cerveau vient étayer la thèse de la dérivation du langage à partir du geste
car il n’existe pas de centre particulier au langage dans le cerveau mais une zone large qui
traverse l’aire visuelle, auditive et l’aire de la motricité.
Le
rôle du langage dans le développement de la pensée :
Donc
la main, le geste fut un auxiliaire du cerveau en devenir de l’homme, mais cela
ne suffit pas, il a fallu le développement du cortex pour renforcer la
puissance mentale de l’homme. Et la grande taille des lobes frontaux et
temporaux est une caractéristique particulière à l’homme. Ce cerveau unique
dans le monde animal a permis la conservation des souvenirs et l’association de
ceux-ci.
La
mémoire, l’association procurant la faculté de concevoir les images sont les
capacités nécessaires à une pleine conscience de soi.
Mémoriser
les expériences puis les transmettre aux autres par un langage de plus en plus
précis a été indispensable au développement de la pensée.
Petit aparté, la lecture de ce chapitre m'a rappelé la lecture de l'excellent livre de Boris Cyrulnick " l’Ensorcellement du monde ".
dimanche, février 01, 2015
Diogène le cynique Fragments inédits de Adeline Baldacchino
J'avais découvert Diogène grâce à l'université populaire de Caen et plus précisément en suivant la contre-histoire de la philosophie de Michel Onfray, et c'est avec plaisir ce dimanche que je me plonge dans les fragments inédits de Diogène le cynique.
Le
chien royal, l’homme au « tonneau », le citoyen du monde, l’homme à
la lanterne qui cherchait un homme, interpelle tous les hommes de tous les
temps sur leur condition d’homme, sur le lien que nous entretenons avec la
nature, sur la liberté. Et comme je ne dirai pas mieux je citerai Adeline Baldacchino pour comprendre ce que nous apporte Diogène le cynique :
"Magnifiquement inactuelles, au sens nietzschéen, les intuitions de Diogène : toujours valables, toujours indispensables. Apprendre à se dénuder pour désespérément vouloir, faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait pour aimer mieux le monde, n'être jamais là où l'on est attendu pour aller toujours là où l'on désirait être, n'engager jamais que sa propre liberté pour n'être ni maître ni esclave, savoir enfin que l'on va mourir et que ce ne sera qu'une ultime fête de la solitude..."(p.62-63)
Doublement
merci à Adeline Baldacchino.
D’abord
merci d’avoir découvert ces fragments inédits de Diogène le cynique, non pas à
la suite d’une expédition dans un désert chaud et sec où une tempête de vent
aurait mis au jour l’entrée d’une bibliothèque, mais à la lecture de travaux
universitaires sûrement un peu secs eux aussi, mais restés enfermés dans des livres
pour des chercheurs qui n’imaginent pas un instant que leurs travaux peuvent
intéresser un plus large public.
Il y a bien deux mondes ceux qui détiennent le savoir et les autres.
Il y a bien deux mondes ceux qui détiennent le savoir et les autres.
Donc
un grand merci aussi de ne pas avoir gardé par devers elle ces fragments
inédits, mais dans l’esprit de l’université populaire de Caen de les avoir partagé
avec passion aux profanes dont je suis.
Pour finir je citerai un fragment de Diogène le cynique :
" L'homme généreux n'est pas celui qui se retient de faire le mal, mais celui qui fait volontairement le bien"
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