En rangeant mon bureau, je retrouve quelques notes écrites après la lecture d'un article sur internet, manque de rigueur, je n'avais pas noté ni le titre, ni l'auteur,ni la date, mais ce qu'il disait m'a interpellé et j'avais eu l'envie de réagir, je l'ai toujours : cet article disait que si les médias, les intellectuels, les politiques n'avaient pas diabolisé le FN, il n'en serait pas là, que si les différents partis politiques ne s'étaient pas servis du FN à des fins électoralistes, il n'en serait pas là non plus. C'est un peu vrai d'accord, mais ce ne sont pas les seules raisons.
Si le FN en est là c'est aussi pour d'autres raisons :
- la première c'est l'échec de notre politique libérale, sur le plan économique : cela ne marche pas, trop de laissés-pour-compte sur le bord de la route, trop de misère chez nous, une politique post coloniale inexistante, trop de misère d'ailleurs qui vient s'échouer chez nous, et un trop grand écart entre la multitude de pauvres et le très petit nombre de très riches, la tentative désespérée de ranimer une Europe déjà morte depuis longtemps au prix de la faillite prévisible des pays les plus pauvres, et bientôt de la notre.
Si l'on rajoute à ça les "affaires" des politiciens qui parsèment l'actualité et participent à un dégoût de plus en plus grand de cette classe qui non seulement détient le pouvoir depuis longtemps et fait tout pour sauvegarder son statut, ses salaires et ses multiples avantages acquis sur le dos de la majorité des français, une classe politique totalement déconnectée de la réalité quotidienne des français, qui ne sait pas ce que c'est que vivre avec un smic.
- la deuxième est que Marine Le Pen veut le pouvoir, et ne se ménage pas, elle n'est pas là pour faire partie du paysage et pour jouer les trublions, elle est habile, elle sait parler et tente sur les pas de son père encombrant de ratisser très large, de trouver un public que son père ne pouvait pas capter.
- la troisième est d'ordre plutôt psychologique, la nature humaine est ainsi faite, il est tellement plus simple de désigner un coupable, qui portera le poids de tous nos maux, tellement plus simple de ne pas penser. Et finalement l'autorité rassurante et encadrante du FN permet aux gens d'exprimer sans crainte leur haine et leur violence légitimées par ce parti..
Il était dit aussi dans ce même article que pour contrer Marine Le Pen il faudrait donc parler de son programme économique assez débile et fragile et qui ne pourra sûrement pas enrayer la crise. D'accord mais les programmes économiques des autres partis ne sont-ils pas aussi débiles et fragiles, n'ont-ils pas prouver leurs faiblesses, leur inefficacité, le chômage ne cesse d'augmenter, la croissance ne redémarre pas... alors difficile de s'attaquer à un programme économique quand le sien est défaillant.
Je continue de penser qu'il faut combattre le FN au niveau des idées, il faut démontrer que les idées et les valeurs qu'il met en avant sont dangereuses pour la démocratie.
Mais pour cela il faudrait que les médias ne jouent pas le jeu des politiques, et que les partis politiques détenant le pouvoir aient un comportement exemplaire, en ce sens ils sont les premiers à mettre en danger notre république et la démocratie.
dimanche, août 31, 2014
vendredi, août 29, 2014
"Sans la musique la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil."
Nietzsche
C'est tellement vrai, la musique nous remplit de cette légèreté un peu grave, un peu comme quand on regarde la mer et ainsi procure un vrai sentiment d'exister.Pour Nietzsche l'Homme souverain c'est celui qui porte en lui la puissance de soi qui fait libre. Alors je me dis que l'Homme, c'est sûr a besoin de la musique et de la poésie qui portent en elles la puissance qui le fera Homme souverain.
jeudi, août 21, 2014
Une mer intérieure
1
Les hommes sont surpris que la mer obéisse à la terre
quand par l'effet d'un jeu de plaques, la mer indolente
se rétracte, se contracte, donne au calme un faux air.
Et en se retirant la mer se renforce et d'une vague meurtrière,
Et en se retirant la mer se renforce et d'une vague meurtrière,
violemment, se brise sur les terres habitées.
----
Par surprise la terre sous nos pieds s'est ouverte
quand par l'effet d'une mort, la vie suintante
se dérobe, se dissipe et donne au vide son sens.
La vie en s'écoulant se résigne et d'une vague destructrice,
brutalement, entraîne nos âmes affligées.
2
Les hommes sont surpris que la mer obéisse à l'air
par les vents et les courants la mer se montre coléreuse
les vagues, immenses, l'une sur l'autre s'abattent,
dans un grand bruit se fracassent et masquent l'horizon.
La mer impétueuse dédaigne ceux qui l'ont bravée.
----
Étonnés par la tempête, la colère
envahit tout notre être, ainsi bouleversés,
et brisés par la force de ces vents contraires,
entrainés dans le creux de vagues si profondes,
nous errons, aveuglés, n'espérant plus d'horizon.
3
Les hommes sont surpris que la mer obéisse au feu
quand dans ces eaux froides la lave du volcan s'épanche
de ces rejets acides et bouillonnants, et pourtant,
de ce brasier débordant, la mer, féconde, enfante
de nouvelles terres vierges prêtent à accueillir la vie.
----
Quand le feu s'insinue en nous, la vie s'échauffe,
et des cendres mouillées, nous pouvons renaître,
d'un souffle de vie, quelques étincelles s'embrasent.
Le feu, jamais repu, se nourrit de la vie,
nous découvrons enfin des terres inconnues.
4
Les hommes sont surpris que la mer n'obéisse plus
quand plus rien ne vient l'irriter, la mer lisse et souple,
se laisse chahuter, toujours en mouvement elle
accepte de porter la vie, d'une terre à une autre
sans cesser d'afficher sa force, sa puissance.
----
Quand n'obéissant plus à nos angoisses,
qui cèdent ainsi la place à la sérénité ,
nos âmes, alors, tranquilles et bienveillantes,
célèbrent le périple d'une existence intense
et puissante quelque soit sa durée.
par les vents et les courants la mer se montre coléreuse
les vagues, immenses, l'une sur l'autre s'abattent,
dans un grand bruit se fracassent et masquent l'horizon.
La mer impétueuse dédaigne ceux qui l'ont bravée.
----
Étonnés par la tempête, la colère
envahit tout notre être, ainsi bouleversés,
et brisés par la force de ces vents contraires,
entrainés dans le creux de vagues si profondes,
nous errons, aveuglés, n'espérant plus d'horizon.
3
Les hommes sont surpris que la mer obéisse au feu
quand dans ces eaux froides la lave du volcan s'épanche
de ces rejets acides et bouillonnants, et pourtant,
de ce brasier débordant, la mer, féconde, enfante
de nouvelles terres vierges prêtent à accueillir la vie.
----
Quand le feu s'insinue en nous, la vie s'échauffe,
et des cendres mouillées, nous pouvons renaître,
d'un souffle de vie, quelques étincelles s'embrasent.
Le feu, jamais repu, se nourrit de la vie,
nous découvrons enfin des terres inconnues.
4
Les hommes sont surpris que la mer n'obéisse plus
quand plus rien ne vient l'irriter, la mer lisse et souple,
se laisse chahuter, toujours en mouvement elle
accepte de porter la vie, d'une terre à une autre
sans cesser d'afficher sa force, sa puissance.
----
Quand n'obéissant plus à nos angoisses,
qui cèdent ainsi la place à la sérénité ,
nos âmes, alors, tranquilles et bienveillantes,
célèbrent le périple d'une existence intense
et puissante quelque soit sa durée.
samedi, août 16, 2014
L'amitié épicurienne
"L'amitié danse autour du monde habité, proclamant à nous tous qu'il faut nous réveiller pour louer notre félicité"
Sentences vaticanes
Epicure
samedi, août 09, 2014
Nuit d'été sans grillons
Silence d'une nuit d'été,
Silence d'une étoile, filant
dans un ciel étoilé.
Nuit amputée de son chant
Tel un souvenir estropié.
mercredi, août 06, 2014
De la nature de Lucrece traduit par Olivier Sers
De la nature de Lucrèce
Le plus beau conseil que je puisse donner cet été est de lire dans cette nouvelle traduction De la nature même si vous l'avez déjà lu. Tour de force d'Olivier Sers qui l'a traduit en alexandrins vers pour vers et franchement ce ne fut pas la moins bonne des idées. La lecture n'en est que plus belle, plus rythmée et donne même, par là, une meilleure lisibilité de la philosophie d'Epicure.
Un petit exemple pour vous faire une idée : extrait du chant III dédié à Epicure, un des moments que je préfère
Chant III vers 1076 à 1094
Traduction "classique" traduit par José Kany-Turpin (ed.Flammarion)
Enfin, pourquoi trembler si fort dans les dangers ?
De quel piètre amour de la vie sommes-nous donc esclaves ?
Un terme est pourtant fixé à la vie des mortels :
impossible d'esquiver la mort, il faut se rendre.
Et puis l'on tourne en rond à rester toujours là
et nul plaisir nouveau ne vient frapper la vie.
Mais tant qu'il nous échappe un objet convoité
semble à tous préférable et, quand nous l'obtenons,
vers un autre aussitôt va notre avidité.
Toujours béants, par la même soif de vivre obsédés !
Et le sort qu'entraîne le temps est incertain
comme les coups du hasard ou la fin qui nous guette.
En prolongeant la vie, nous ne retranchons rien
au temps que dure la mort ; il est irréductible.
Aucune chance donc de disparaître moins longtemps.
Enclos dans une vie autant de siècles que tu veux,
la mort n'en restera pas moins éternelle.
N'être plus ne dure pas moins, que la vie ait pris fin
à l'aube de ce jour ou depuis des mois, des années.
Traduction en alexandrins vers pour vers de Olivier Sers (ed. Les Belles lettres)
Quel appétit malsain de vie nous presse-t-il
De tant trembler dans les dangers et les épreuves ?
La vie pour les mortels a sa fin sûre et proche,
Nul ne peut éviter d'affronter le trépas !
Puis, nous tournons sans cesse en rond sans en sortir,
Vivre plus ne saurait forger nul plaisir neuf,
Tout objet désiré, manquant, vaut plus pour nous,
Que tout autre, est-il nôtre, il nous en faut un autre,
La même soif de vie nous fait toujours béer.
Enfin nul ne sait rien du sort qu'il subira,
Des hasards de sa vie, de sa mort qui le guette,
Et vivre plus n'ôtera rien pourtant au temps
Réservé à la mort, rien ne peut s'en soustraire
pour, qui sait, raccourcir notre futur néant.
Tu peux donc, toi vivant, voir périr mille siècles,
Toujours la mort t'attend, et toujours éternelle,
Et tous les deux aussi longtemps ne seront plus,
Celui de qui les yeux se sont fermés hier
Et celui mort depuis des mois et des années.
Lucrèce nous présente la philosophie d'Epicure, témoignage précieux car si peu d'écrits nous sont restés de ce philosophe que tout un chacun le pense à contre sens. N'en déplaise à certains, Epicure n'est pas le philosophe de toutes les jouissances, sa philosophie matérialiste propose plutôt une ascèse des plaisirs, de laisser les dieux à leur place dans un entre deux mondes, de nous éloigner de nos angoisses de mortels, pour que le temps que nous ayons à vivre ici et maintenant nous puissions le vivre comme des dieux parmi les hommes. Et toute sa vie sera un éloge à l'amitié, sentiment qu'il plaçait au dessus de tout.
Lucrèce poète, s'est fait le passeur incontournable de cette philosophie, aujourd'hui Oliviers Sers lui rend un bel hommage quand avec talent il rend son rythme à ce poème, et lui offre une nouvelle vie.
Le plus beau conseil que je puisse donner cet été est de lire dans cette nouvelle traduction De la nature même si vous l'avez déjà lu. Tour de force d'Olivier Sers qui l'a traduit en alexandrins vers pour vers et franchement ce ne fut pas la moins bonne des idées. La lecture n'en est que plus belle, plus rythmée et donne même, par là, une meilleure lisibilité de la philosophie d'Epicure.
Un petit exemple pour vous faire une idée : extrait du chant III dédié à Epicure, un des moments que je préfère
Chant III vers 1076 à 1094
Traduction "classique" traduit par José Kany-Turpin (ed.Flammarion)
Enfin, pourquoi trembler si fort dans les dangers ?
De quel piètre amour de la vie sommes-nous donc esclaves ?
Un terme est pourtant fixé à la vie des mortels :
impossible d'esquiver la mort, il faut se rendre.
Et puis l'on tourne en rond à rester toujours là
et nul plaisir nouveau ne vient frapper la vie.
Mais tant qu'il nous échappe un objet convoité
semble à tous préférable et, quand nous l'obtenons,
vers un autre aussitôt va notre avidité.
Toujours béants, par la même soif de vivre obsédés !
Et le sort qu'entraîne le temps est incertain
comme les coups du hasard ou la fin qui nous guette.
En prolongeant la vie, nous ne retranchons rien
au temps que dure la mort ; il est irréductible.
Aucune chance donc de disparaître moins longtemps.
Enclos dans une vie autant de siècles que tu veux,
la mort n'en restera pas moins éternelle.
N'être plus ne dure pas moins, que la vie ait pris fin
à l'aube de ce jour ou depuis des mois, des années.
Traduction en alexandrins vers pour vers de Olivier Sers (ed. Les Belles lettres)
Quel appétit malsain de vie nous presse-t-il
De tant trembler dans les dangers et les épreuves ?
La vie pour les mortels a sa fin sûre et proche,
Nul ne peut éviter d'affronter le trépas !
Puis, nous tournons sans cesse en rond sans en sortir,
Vivre plus ne saurait forger nul plaisir neuf,
Tout objet désiré, manquant, vaut plus pour nous,
Que tout autre, est-il nôtre, il nous en faut un autre,
La même soif de vie nous fait toujours béer.
Enfin nul ne sait rien du sort qu'il subira,
Des hasards de sa vie, de sa mort qui le guette,
Et vivre plus n'ôtera rien pourtant au temps
Réservé à la mort, rien ne peut s'en soustraire
pour, qui sait, raccourcir notre futur néant.
Tu peux donc, toi vivant, voir périr mille siècles,
Toujours la mort t'attend, et toujours éternelle,
Et tous les deux aussi longtemps ne seront plus,
Celui de qui les yeux se sont fermés hier
Et celui mort depuis des mois et des années.
Lucrèce nous présente la philosophie d'Epicure, témoignage précieux car si peu d'écrits nous sont restés de ce philosophe que tout un chacun le pense à contre sens. N'en déplaise à certains, Epicure n'est pas le philosophe de toutes les jouissances, sa philosophie matérialiste propose plutôt une ascèse des plaisirs, de laisser les dieux à leur place dans un entre deux mondes, de nous éloigner de nos angoisses de mortels, pour que le temps que nous ayons à vivre ici et maintenant nous puissions le vivre comme des dieux parmi les hommes. Et toute sa vie sera un éloge à l'amitié, sentiment qu'il plaçait au dessus de tout.
Lucrèce poète, s'est fait le passeur incontournable de cette philosophie, aujourd'hui Oliviers Sers lui rend un bel hommage quand avec talent il rend son rythme à ce poème, et lui offre une nouvelle vie.
dimanche, août 03, 2014
Hypnos : celui qui reste éveillé quand le monde est endormi
Fureur et Mystère de René Char
Poète d'une lucidité impressionnante, d'une écriture unique,
quelques beaux moments de lecture dans Feuillets d'Hypnos dédié à Albert Camus pour donner envie de le lire et le relire :
La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.
Serons-nous plus tard semblables à ces cratères où les volcans ne viennent plus et où l'herbe jaunie sur sa tige ?
C'est quand tu es ivre de chagrin que tu n'as plus du chagrin que le cristal.
Je n'ai pas vu d'étoile s'allumer au front de ceux qui allaient mourir mais le dessin d'une persienne, qui soulevée, permettait d'entrevoir un ordre d'objets déchirants ou résignés, dans un vaste local où des servantes heureuses circulaient.
Poète d'une lucidité impressionnante, d'une écriture unique,
quelques beaux moments de lecture dans Feuillets d'Hypnos dédié à Albert Camus pour donner envie de le lire et le relire :
La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.
Serons-nous plus tard semblables à ces cratères où les volcans ne viennent plus et où l'herbe jaunie sur sa tige ?
C'est quand tu es ivre de chagrin que tu n'as plus du chagrin que le cristal.
Je n'ai pas vu d'étoile s'allumer au front de ceux qui allaient mourir mais le dessin d'une persienne, qui soulevée, permettait d'entrevoir un ordre d'objets déchirants ou résignés, dans un vaste local où des servantes heureuses circulaient.
samedi, août 02, 2014
L'artichaut, sa fleur et l'araignée
Ivre de ses mots qui tournent sans répit dans mon esprit, la poésie devient îlot dans ce drôle de monde, où les esprits mobilisés par de fausses activités, par de facondes paroles, ne savent plus regarder.
La poésie devient phare et éclaire le regard des âmes aveuglées pour ne pas sombrer fracassées sur les rochers.
La poésie dévoile la vérité du monde et lui rend hommage, vibrant témoignage d'une réalité souvent intolérable, et quelquefois vivable.
La poésie apprend à magnifier l'instant et donne au regard toute son intensité.
Ce matin là, mon regard se posa sur cet artichaut oublié là, par inadvertance, heureux oubli que celui là, de l'artichaut je ne connaissais que le cœur, dont gourmande je me régale, je n'en connaissais pas la fleur.
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