mardi, juillet 21, 2015

L'été

Dans la chaleur de l'été
le chant des cigales
recouvre
le bruit des hommes,
le chant des grillons
remplit
le silence de la nuit.

jeudi, juillet 16, 2015

Désir

Une pluie de lumière
s'abat sur la mer,
l'écume légère
caresse le sable,
dans son corps
s’éveille le désir.

D'une vague à l'autre
naît le désir,
d'un plaisir à l'autre
s'ancre le désir.

Corps à corps éperdu
au faîte de la vague
le désir est suspendu.

Au creux de la vague
égarée, perdue,
elle cherche
l'amour perdu.

mardi, mars 24, 2015

Espoir

A force de croyances et d'idéologies, 
les hommes, au fil du temps, 
ont tué l'espoir.
C'est maintenant sans espoir 
d'un monde meilleur
que nous devons apprendre 
à vivre mieux.

lundi, février 16, 2015

Le vent a cessé de souffler

Le vent a cessé de souffler,
suspendu dans un ciel immobile,
un nuage au couleur d'un islam noir
annonce la venue de temps obscurs.

Qu'un vent laïque se lève,
tous s'étonne de sa faiblesse ;
Qu'un vent athée se lève,
par tous il est décrié.

Le vent a cessé de souffler
suspendu dans un ciel immobile,
un nuage noir, amarré au désespoir,
par la foi se renforce.

Nulle raison insufflée
n'aura raison de lui
car la raison l'a quitté.

dimanche, février 15, 2015

Lecture chrétienne

Intéressant écrit attribué à Alcuin (732-804), théologien, poète, savant, homme considéré comme le plus érudit de son temps et qui dirige l'école la plus importante de l'empire carolingien :
voici quelques passages d'un dialogue " le dit de l'enfant sage" écrit pour l'instruction d'un des fils (Pépin d'Italie, ou Pépin le bossu, ce n'est pas précisé) de Charlemagne

Pépin : Qu'est-ce que la vie ?
Alcuin : Une jouissance pour les heureux, une douleur pour les misérables, l'attente de la mort.

Pépin : Qu'est-ce que la mort ?
Alcuin : Un évènement inévitable, un voyage incertain, un sujet de pleurs pour les vivants, la confirmation des testaments, le larron des hommes.

Pépin : Qu'est-ce que l'homme ?
Alcuin : L'esclave de la mort, un voyageur passager, hôte dans sa demeure...

Pépin : Qu'est-ce que la liberté de l'homme ?
Alcuin : L'innocence

Pépin : Qu'est-ce que la foi ?
Alcuin : La certitude des choses ignorées et merveilleuses.

Et voilà, le tour est joué, je tiens à saluer l'habileté d'Alcuin pour son instruction chrétienne : la vie définie comme l'attente de la mort, la mort comme le larron des hommes, l'homme comme esclave de la mort, même pas maître dans sa demeure mais seulement hôte, la liberté de l'homme, candeur  et naïveté, alors comment ne pas se réfugier dans la foi qui devient certitude de choses inconnues donc ignorées mais certainement merveilleuses.
Allez, encore quelques siècles, et l'homme pourra librement commencer à penser autrement, quoique, des fois, je me demande...
Des siècles d'imprégnation d'une vision chrétienne du monde, de la vie, du corps, de la mort ne s'efface pas comme ça, en cela l’athéisme ne se résume pas simplement au fait de ne pas croire mais il est une forme de résistance.

dimanche, février 08, 2015

Le langage et la pensée



En feuilletant une encyclopédie, Histoire de L’humanité aux ed. Robert Laffont, je lis un chapitre, « la genèse de la pensée et du langage » qui me rappelle alors un échange que j’avais eu avec ma fille qui avait alors dix ans. Au détour d’une conversation, ma fille m’avoua s’ennuyer à l’école. Je m’inquiétais alors, non pour ces résultats qui étaient bons, mais je pensais qu’elle devait trouver le temps long puisqu’elle passait la majeure partie de la journée à l’école. Elle me dit de ne pas m’inquiéter, qu’elle ne faisait pas rien, qu’elle pensait. Curieuse de savoir le contenu de ses pensées, je lui demandais à quoi elle pensait. Elle me répondit : - eh bien, hier, je me posais une question : comment les sourds et muets peuvent penser puisqu’ils ne connaissent pas les mots ? Parce que dans ma tête, il y a plein de mots qui se cognent, alors je sais que je pense. Je lui parlais alors du langage des signes, des appareils auditifs, de la rééducation des sourds pour qu’ils puissent effectivement nommer les choses et communiquer avec les autres, ainsi élaborer une pensée.
Mais je n’avais pas tenu compte de toute la dimension de sa question et j’éludais totalement le lien qui existait entre le langage et la pensée, lien qu’elle avait instinctivement compris.
Donc des années plus tard, je vais compléter ma réponse cela peut encore intéresser ma fille et beaucoup d’autres personnes. Je tiens à donner un petit aperçu de ce chapitre sur la genèse de la pensée et du langage :
L’invention du langage :
Deux hypothèses sont retenues : pour certains le langage est apparu au Paléolithique supérieur, il y a 40 000 ans, pour d’autres le langage existait déjà au Paléolithique inférieur. Dans tous les cas chacun s’accorde à dire que le langage est apparu quand l’homme a commencé à fabriquer des outils
Le langage n’est pas inhérent à l’homme, il est une invention. Une théorie ressort le plus souvent : la théorie gestuelle. Cette théorie met en avant la relation entre les gestes et les phonèmes. Trois étapes sont décrites :

  • Première étape : une gesticulation globale accompagnée d’un babillement. Le babillement a pu donner des holophrases.
  •   Deuxième étape : le geste est de plus en plus précis et est associé à des sonorités de plus en plus précises. C’est le début de la pensée dirigée.
  •  Troisième étape : abandon des gestes au profit de signes systématisés et de mots. La pensée analytique est possible.

L’anatomie du cerveau vient étayer la thèse de la dérivation du langage à partir du geste car il n’existe pas de centre particulier au langage  dans le cerveau mais une zone large qui traverse l’aire visuelle, auditive et l’aire de la motricité.
Le rôle du langage dans le développement de la pensée :
Donc la main, le geste fut un auxiliaire du cerveau en devenir de l’homme, mais cela ne suffit pas, il a fallu le développement du cortex pour renforcer la puissance mentale de l’homme. Et la grande taille des lobes frontaux et temporaux est une caractéristique particulière à l’homme. Ce cerveau unique dans le monde animal a permis la conservation des souvenirs et l’association de ceux-ci.
La mémoire, l’association procurant la faculté de concevoir les images sont les capacités nécessaires à une pleine conscience de soi.
Mémoriser les expériences puis les transmettre aux autres par un langage de plus en plus précis a été indispensable au développement de la pensée.

Petit aparté, la lecture de ce chapitre m'a rappelé la lecture de l'excellent livre de Boris Cyrulnick " l’Ensorcellement du monde ".

dimanche, février 01, 2015

Diogène le cynique Fragments inédits de Adeline Baldacchino



J'avais découvert Diogène grâce à l'université populaire de Caen et plus précisément en suivant la contre-histoire de la philosophie de Michel Onfray, et c'est avec plaisir ce dimanche que je me plonge dans les fragments inédits de Diogène le cynique.

Le chien royal, l’homme au « tonneau », le citoyen du monde, l’homme à la lanterne qui cherchait un homme, interpelle tous les hommes de tous les temps sur leur condition d’homme, sur le lien que nous entretenons avec la nature, sur la liberté. Et comme je ne dirai pas mieux je citerai Adeline Baldacchino pour comprendre ce que nous apporte Diogène le cynique :
"Magnifiquement inactuelles, au sens nietzschéen, les intuitions de Diogène : toujours valables, toujours indispensables. Apprendre à se dénuder pour désespérément vouloir, faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait pour aimer mieux le monde, n'être jamais là où l'on est attendu pour aller toujours là où l'on désirait être, n'engager jamais que sa propre liberté pour n'être ni maître ni esclave, savoir enfin que l'on va mourir et que ce ne sera qu'une ultime fête de la solitude..."(p.62-63)

Doublement merci à Adeline Baldacchino.

D’abord merci d’avoir découvert ces fragments inédits de Diogène le cynique, non pas à la suite d’une expédition dans un désert chaud et sec où une tempête de vent aurait mis au jour l’entrée d’une bibliothèque, mais à la lecture de travaux universitaires sûrement un peu secs eux aussi, mais restés enfermés dans des livres pour des chercheurs qui n’imaginent pas un instant que leurs travaux peuvent intéresser un plus large public.
Il y a bien deux mondes ceux qui détiennent le savoir et les autres.

Donc un grand merci aussi de ne pas avoir gardé par devers elle ces fragments inédits, mais dans l’esprit de l’université populaire de Caen de les avoir partagé avec passion aux profanes dont je suis.
Pour finir je citerai un fragment de Diogène le cynique :
" L'homme généreux n'est pas celui qui se retient de faire le mal, mais celui qui fait volontairement le bien" 

vendredi, janvier 16, 2015

La Force Majeure de Clément Rosset

Cette lecture tombe à pic en ces temps troublés par l'horreur du fanatisme religieux. Savoir comment vivre malgré la stupidité, la cruauté humaine est une question légitime, ce livre est une réponse possible. Clément Rosset dans ce petit essai d'une vingtaine de page nous parle de la joie de vivre. Et l'apprentissage de la joie pour mener une vie digne de ce nom est plus que nécessaire.
Dans un premier temps, il définit la joie : elle est totalitaire car c'est "l'approbation inconditionnelle de toute forme d'existence présente passée et à venir" ; elle n'a pas besoin de motif précis pour se manifester,  "la joie est un plein qui se suffit à lui-même et n'a besoin pour être d'aucun apport extérieur" et quand il arrive que la joie se manifeste à l'occasion d'un évènement heureux, la joie dépasse cet évènement pour devenir générale. Clément Rosset prend pour exemple le sourire de l'Aurige de Delphes qui dit ce contentement d'exister au delà de la joie d'avoir gagné une course de char.


Puis Clément Rosset précise que la joie dont il parle est la joie de vivre, du simple plaisir d'exister.
Ce qui l'amène à penser que la joie est paradoxale après avoir écarté l'hypothèse que la joie pût être illusoire. Paradoxale car la joie doit se contenter d'une existence périssable, renouvelable, éphémère et doit rester indifférente à tous ses maux.
Que la joie soit folle, irrationnelle et cruelle, elle "est une condition nécessaire de la vie menée en conscience et connaissance de cause". "car elle consiste en une folie qui permet d'éviter toutes les autres folies"
"L'appoint de la joie est nécessaire à l'exercice de la vie comme à la connaissance de la réalité."
"Elle constitue la grande et unique règle du savoir-vivre" là Clément Rosset fait référence au savoir-vivre dont Montaigne nous parle dans le dernier livre de ses essais.
Pour terminer son propos, et pour mieux faire comprendre l'importance de la joie, C. Rosset oppose l'espérance et la joie. L'homme de l'espoir est un homme incapable de vivre cette vie, donc un homme sans ressources et sans arguments, espérant toujours une autre vie, alors qu'à "l'opposé la joie constitue la force par excellence dans la mesure ou elle dispense de l'espoir - la force majeure en comparaison de laquelle l’espérance apparaît comme dérisoire, substitutive..."
La suite du livre se compose de Notes sur Nietzsche, et ce n'est évidemment pas par hasard, il nous disait "Contente toi du monde donné", la joie pour s'en contenter...
Et si je parlais en commençant cet article d'un apprentissage de la joie, c'est qu'il n'est pas si simple d'être joyeux dans ce monde, mais cela s'apprend au fil du temps, mais par les temps qui courent, il faut apprendre vite, alors lisez vite ce livre pour bien comprendre ce que j'ai tenté de résumer en quelques mots.