Un après-midi, dans une chambre d’hôpital, une femme, seule devant son père mourant. Elle le regarde quand la mort apparaît devant elle. Silhouette pas très bien définie, comme si la mort était enveloppée d'un voile.
un dialogue commence
- Alors c'est toi la mort. Je ne te vois que maintenant, pourquoi je ne t'ai pas vu la première fois que tu m'as approchée de près ?
- Tu étais en colère et tu me niais, tu ne pouvais pas me voir, tu ne pouvais que me subir.
- C'est vrai, je n'avais jamais réellement pensé à toi. Quand je parlais de toi, derrière mes mots il n'y avait que du vide, je n'habitais pas mon discours. Je t'ai ignorée.
La mort s'approche de la femme, elles sont côte à côte et regardent son père mourant.
- Et pourtant, je viendrai pour chacun d'entre vous, mais tu n'en avais pas tenu compte, ta colère me montrais que tu m'avais déniée, oubliée, reniée, faire comme si je n'existais pas n'était pas la solution. Je suis le pendant de la vie, son côté pile, sans moi la vie n'aurait aucune valeur.
- Je voulais que tu partes, que tu me laisses encore un peu de temps avec celui que j'aimais.
- Du temps, vous en demandez tous un peu plus...
Et sache que le temps pour moi ne veut rien dire, je ne suis qu'un moment figé dans le temps, pour le mort, dès l' instant où j'apparais, entre vie et trépas, le temps n'existe plus. Je n'ai pas de futur, je ne connais pas le passé, je suis son présent pour toujours, et il devient ton passé.
- Je trouvais que c'était injuste
- Je suis équitable et injuste à la fois, car jeunes ou vieux, riches ou pauvres, victimes ou bourreaux, innocents ou coupables, tous me connaîtront un jour, dans ce sens je ne peux pas être plus impartiale, et toujours injuste aux yeux de ceux qui restent.
- Puisque tu parles ainsi, ça ne te dérange pas de venir pour des enfants ou des victimes de guerre ?
- Je ne suis pas responsable, je ne suis que la finalité de la folie des hommes quand il s'agit des guerres, ou du déraillement de la vie quand il s'agit de maladie, et souvent vous les hommes, présomptueux vous jouez avec moi et avec la vie comme on joue aux dés, vous oubliez que certains jeux coûtent la vie.
La femme se rapproche de la mort et lui fait face
- Tu es si près de moi, je pourrai t'enlacer, je me souviens d'un jour où j'aurai préféré mourir...
- Oui, mais tu avais peur. Tu n'acceptais pas la mort de l'autre, tu ne pouvais accepter ta propre mort, l'inverse est vrai aussi.
- Et maintenant que je n'ai plus peur de toi, que je ne t'ignore plus, je préfère essayer de vivre...
- Alors pars, il est temps, et laisse moi seule avec ton père.
Elle s'en va, laissant son père seul face à sa mort.
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