Depuis un certain temps loin des débats des hommes
politiques auxquels je ne crois plus, je décidais quand même de me remettre
dans le bain et de profiter de cette rentrée pour à nouveau entendre ce qu’ils
avaient à dire.
Je ne fus pas vraiment surprise mais plutôt affligée, navrée
ou bien consternée, dans tous les cas triste, très triste.
Ce qui me rendait si triste c’est d’entendre un homme
politique français se dire « français de sang mêlé », et si la
première pensée (j’ose le dire) qui me vint à l’esprit fût qu’il devait être un
fan d’Harry Potter, je mesurais ensuite la gravité de ses propos qui sous
entendent qu’il existe donc des « français de sang pur ». Pour
rajouter ensuite qu’il n’avait pas envie qu’on lui apprenne l’histoire des pays
dont il est issu mais bien l’histoire de France. J’ai donc attendu en vain un
petit cours d’histoire de France mais rien ne vint car j’aurai bien voulu
savoir quels sont les français qui pouvaient se prévaloir d’un sang pur. Le ton
était lancé, il ferait sa campagne des primaires sur l’identité nationale. J’attendais
là aussi du nouveau, une réflexion nouvelle sur ce pourquoi ici et maintenant
on se sent français et pas espagnol, quelque chose qui ouvre un débat trop
longtemps fermé et accaparé par la haine et la peur. Mais non rien de tout ça, cet
homme politique se contenta de remettre au goût du jour deux notions déjà
maintes fois entendues et rebattues : il ne voulait plus entendre
parler d’intégration mais seulement d’assimilation. Je sentis quelques relents
de notre histoire coloniale refaire surface, et avant que l’air ne devienne
trop nauséabond j’arrêtais là mon écoute me disant que décidément il n’y avait
plus grand-chose à attendre de nos hommes politiques dont la pensée n’en finit
pas de se scléroser.
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