dimanche, septembre 04, 2016

Sclérose



Depuis un certain temps loin des débats des hommes politiques auxquels je ne crois plus, je décidais quand même de me remettre dans le bain et de profiter de cette rentrée pour à nouveau entendre ce qu’ils avaient à dire.
Je ne fus pas vraiment surprise mais plutôt affligée, navrée ou bien consternée, dans tous les cas triste, très triste.
Ce qui me rendait si triste c’est d’entendre un homme politique français se dire « français de sang mêlé », et si la première pensée (j’ose le dire) qui me vint à l’esprit fût qu’il devait être un fan d’Harry Potter, je mesurais ensuite la gravité de ses propos qui sous entendent qu’il existe donc des « français de sang pur ». Pour rajouter ensuite qu’il n’avait pas envie qu’on lui apprenne l’histoire des pays dont il est issu mais bien l’histoire de France. J’ai donc attendu en vain un petit cours d’histoire de France mais rien ne vint car j’aurai bien voulu savoir quels sont les français qui pouvaient se prévaloir d’un sang pur. Le ton était lancé, il ferait sa campagne des primaires sur l’identité nationale. J’attendais là aussi du nouveau, une réflexion nouvelle sur ce pourquoi ici et maintenant on se sent français et pas espagnol, quelque chose qui ouvre un débat trop longtemps fermé et accaparé par la haine et la peur. Mais non rien de tout ça, cet homme politique se contenta de remettre au goût du jour deux notions déjà maintes fois entendues et rebattues : il ne voulait plus entendre parler d’intégration mais seulement d’assimilation. Je sentis quelques relents de notre histoire coloniale refaire surface, et avant que l’air ne devienne trop nauséabond j’arrêtais là mon écoute me disant que décidément il n’y avait plus grand-chose à attendre de nos hommes politiques dont la pensée n’en finit pas de se scléroser.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire