Lecture
Lecture fort à propos en ces temps de Pâques puisque le voyage de Dante de l'Enfer au Paradis se passe à ce moment là.
Magnifique poème aux multiples lectures.
Dante nous propose à la fois sa vision du monde, nous décrit la société de son temps, c'est aussi un livre d'histoire, on rencontre des rois, des empereurs, des papes, des philosophes, des poètes, des musiciens, on y lit les débats du moment sur le libre arbitre, sur la trinité, sur la richesse de l'église catholique...
Il nous décrit sa foi, ses doutes. On peut aussi y lire le portrait psychologique de Dante, la
hiérarchie des pêchés peut paraître étonnante, mais c'est la sienne et celle de son époque.
Mais lorsque la lecture du poème terminée, je cherche le fil conducteur de ce voyage, je m'en souviens surtout comme un poème d'amour, un des plus beaux, et sûrement des plus fins, des plus subtils, de son temps, histoire d'un amour brisé, interrompu par la mort de sa bien aimée.
J'y vois se dessiner tout au long du poème la quête de Dante, il cherche Béatrice de l'Enfer au Paradis et c'est au Purgatoire qu'enfin il la retrouve, elle lui fera découvrir le Paradis.
L'Enfer c'est sans Béatrice, ce qui peut expliquer sa vision très personnelle et différente de l'enfer chrétien, souvent, il nous décrit un Enfer froid, glacé et figé, avec la pluie, la neige, le froid, un lac gelé, quelquefois le feu apparaît mais pas souvent, nous n'y voyons pas toujours les flammes, le feu habituellement représentés et pour cause quand on parle d'amour, on parle de chaleur, de feu, de lumière, de flammes. En Enfer le temps est compté d'heure en heure il parcourt les différents cercles girons et "bolges", et ceci pendant deux jours qui paraissent interminables.
Le Purgatoire de Dante est comme un tremplin vers le Paradis, il est relativement doux, un peu normal puisque c'est là qu'il se voit et qu'il retrouve Béatrice qui va l'amener et le guider vers le Paradis. Au purgatoire, les cercles, girons et bolges deviennent assises et corniches, le temps est encore décompté d'heure en heure, un mur de feu est traversé, une rivière, le tonnerre, et enfin Béatrice....belle description d'un coup de foudre amoureux.
C'est un Paradis chaud qu'il décrit, le feu, les flammes, les étincelles, un mouvement permanent, mouvement induit par l'amour, vison très moderne d'un cosmos qui se confond avec Dieu ou bien l'inverse, et c'est l'amour de Béatrice qui lui fait découvrir ce Paradis où il parle beaucoup des planètes, de leur mouvement permanent, de lumière, de flammes, et cela va vite. D'ailleurs là, le temps n'est plus compté, les heures n’apparaissent plus, de ciel en ciel avec Béatrice, le temps n'existe plus, l'amour est hors du temps. Béatrice lève ses doutes, elle est son professeur, son guide.
Le féminin est très présent dans son Paradis et si au dernier chant Béatrice n'est plus là est-ce parce que cet amour est devenu fusionnel, il a atteint l'extase, mais pas seul, avec Béatrice, où est-ce parce qu'elle est morte avant qu'il il ait pu atteindre cette extase ?
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